En 1946, année de ma naissance, peu après la création de l’ONU et de l’Unesco, le parfum s’inscrivait déjà dans une perspective mondiale. Mais les études et les recherches sur les odeurs et l’odorat restaient inexistantes ou dans l’ombre. Une lacune que j’ai choisie de combler et d’étudier depuis les années 1980.
Retrouver cette histoire au travers de mes 50 ans de recherche et d’interviews par la presse internationale et au détour des différentes rubriques : de ma thèse le “ Sang et L’Encens “, essai anthropologique, aux dossiers thématiques.
La grande question d’actualité est celle des répercussions de l’IA sur la parfumerie.
Déjà le client est invité à rechercher ou déterminer le parfum qui lui correspondra le mieux sur des questionnaires en ligne fonctionnant grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle. Mais l’interrogation majeure qui est celle de l’impact de l’IA sur la création en général, n’épargnera pas la parfumerie.
Sans doute pourra-t-elle jouer, au service des « Nez », un rôle d’accélérateur dans le processus de la création. Mais faut-il craindre qu’elle en vienne à les remplacer ou à réduire leur rôle à la portion congrue ?
L’IA a, certes, appris sur le plan théorique ce qu’est le parfum, mais cet « outil » artificiel ne le « sent » pas. A ce jour, du moins, l’IA ne possède pas de récepteurs olfactifs biologiques, n’a pas de conscience ni d’émotion pour ressentir une odeur, ni pour analyser, comprendre l’impact de l’odorat sur nos mémoires, nos émotions, nos goûts artistiques, nos relations sociales …objets de mes recherches et de mes interventions.
Il y a encore tant de choses à étudier, à transmettre concernant ce patrimoine culturel singulier maintenant reconnu comme tel par l’Unesco. Les recherches scientifiques sur l’odorat et les odeurs sont en plein essor.
L’art des « Nez » et les parfums qu’ils créent reposent sur leur vécu personnel, leur perception de nos sociétés, leur l’imagination et leur sens poétique. Un algorithme saura-t-il jamais transcrire tout cela ?