LE JARDIN MEDIEVAL

entre Orient et Occident

Quatre jardins, quatre histoires, quatre haltes ponctuées de plantes exubérantes, d’herbes aromatiques, de fleurs et d’arbres fruitiers réunis par l’eau d’une fontaine et de bassins, élément inhérent et fondateur de l’essence même du jardin.

Conçu en 2002 comme un jardin éphémère, illustration du jardin monastique au coeur des bâtiments conventuels à l’occasion de l’exposition Mille ans de jardins, le jardin de l’Abbaye a fait l’objet dès 2013 d’un réaménagement nécessaire afin d’offrir aux visiteurs un autre regard sur l’histoire des jardins au Moyen Âge, entre Orient et Occident.

Un jardin de plantes méditerranéennes, trait d’union entre Orient et Occident, accueille le visiteur dans sa redécouverte des jardins médiévaux : le Jardin du Paradis, lieu de délectation et de contemplation avec ses fleurs et ses oiseaux ; le Jardin du parfumeur, quintessence du jardin clos où la rose embaume ; le Jardin des simples et ses plantes médicinales ; le Jardin céleste arabo-andalou, où la symphonie minérale répond à la profusion végétale.

Si ces jardins ont été réinterprétés à partir d’œuvres emblématiques, ils permettent aussi de rappeler que l’Abbaye de Saint-Antoine fut dès le Moyen Âge un vaste jardin, ce cloître symbolisant le paradis céleste selon l’évocation de Sicard, évêque de Crémone, lequel recommandait que le jardin soit « planté d’arbres et d’herbes afin de représenter le grand nombre des vertus». Le jardin traditionnel d’inspiration arabo-andalouse a été réalisé en lien avec la Coopération décentralisée du Département de l’Isère et la région de Souss-Massa (Maroc).

LE LIVRE

Texte « Le jardin des parfumeurs » par Annick Le Guérer 

Le jardin du parfumeur in Le jardin médiéval entre Orient et Occident – Patrimoine en Isère/Musée de St Antoine l’Abbaye 2014. Au Moyen-Âge, nombreux sont ceux qui peuvent se dire parfumeurs. La parfumerie restera, jusqu’au XVII e siècle, une activité éclatée entre apothicaires, gantiers, triacleurs (fabricants de thériaque), épiciers, merciers… sans compter moines et moniales qui cultivent dans leurs jardins des simples de nombreux végétaux odorants. Roses, giroflées, narcisses, violettes, muguet, pois de senteur, viorne, lis, iris, lavande, menthe, absinthe, bourrache, violette, petite pervenche, romarin, thym, mélisse, marjolaine, anis… entrent dans les préparations parfumées servant aussi bien l’élégance que l’hygiène et la pharmacopée.