100 000 ans de beauté (5 volumes sous coffret) sous les directions scientifiques de Pascal Picq, Georges Vigarello, Marc Nouschi et Françoise Gaillard réunit les contributions de plus de trois cent auteurs issus de diverses cultures dont Annick Le Guérer, ou espaces linguistiques, et d’environ trente-cinq nationalités. La quête de beauté obsède l’espèce humaine depuis plus de cent mille ans. Le corps humain est son médium privilégié. Modelage du corps et définitions de canons, soins et applications de couleurs, coiffures et ornements, nudité et vêtements, l’extravagante variété de ces signes forme un langage qui dit l’appartenance culturelle, le genre, l’époque, l’âge et le statut social.

Dès la seconde moitié du XIX e siècle, l’intrusion de la chimie dans la parfumerie entraîne aussi une certaine démocratisation. Parfumeurs et savonniers peuvent désormais abaisser les prix de leurs articles et élargir leur clientèle. L’usage des eaux de Cologne, des vinaigres aromatiques, des eaux de toilette, des extraits pour mouchoir, se généralise et les classes modestes accèdent au savon parfumé. En 1864, la parfumerie Piver vend cinq cents douzaine de savons par jour !

Au cœur du désert turkmène, région que l’on pensait n’avoir jamais abrité de civilisation, des archéologues viennent de découvrir, les traces d’un peuple raffiné qui prenait soin de son corps et utilisait, 5000 ans avant J. C., des pots à onguents. Une découverte qui fait remonter plus loin encore dans le temps l’usage des produits de beauté. L’origine des diverses gommes aromatiques demeura, dans les civilisations antiques qui en firent grand usage, empreinte d’un certain mystère. Leurs variétés, les lieux et les conditions de leur exploitation n’étaient connus que d’une manière imprécise. Pour les Égyptiens, les aromates rares et exotiques, en particulier l’antî (la myrrhe ou l’encens) provenaient du «Pays du dieu et de Pount»