SE PARFUMER, UN ACTE D’HUMANITE – 5 connivence étroite entre l’amour et le parfum

La correspondance de George Sand avec Alfred de Musset offre encore une illustration de cette transmission du souvenir par le parfum.

Au temps de leur liaison passionnée, George Sand compare le poète à un parfum indien : « Et toi, belle fleur, j’ai voulu boire ta rosée. Elle m’a enivrée…Tu étais trop suave et trop subtil, mon cher parfum, pour ne pas t’évaporer chaque fois que mes lèvres t’aspiraient ».

Et lorsque leur idylle s’achève elle lui écrit encore : « Le parfum de l’âme, c’est le souvenir…L’affection d’un absent n’est plus qu’un parfum ; mais qu’il est doux et suave ! Ne crains pas, ô toi qui a laissé sur mon chemin cette trace embaumée, ne crains jamais que je la laisse se perdre. Je la serrerai dans mon cœur silencieux, comme une essence subtile dans un flacon scellé. »

Cette connivence étroite entre l’amour et le parfum a été maintes fois signalée. La psychanalyste Françoise Dolto conseillait même de demander aux personnes envisageant de se marier : « Est-ce que vos odeurs s’accordent ? ».