SE PARFUMER, UN ACTE D’HUMANITÉ – 1 Transmettre, voyager, innover, aimer

Transmettre, voyager, innover, aimer, autant de thèmes liés à l’acte de se parfumer qui seront développés dans ce colloque. Ils ont pour but de mettre en évidence que se parfumer est un acte civilisateur, un acte d’humanité.

Le parfum est au cœur de la première des relations humaines, celle que nous nouons avec notre mère. Le nourrisson est, en effet, capable de reconnaître le parfum du cou et du sein de sa mère deux jours après sa venue au monde et celle-ci reconnaît celui de son enfant quelques heures seulement après l’accouchement.

Cette importance de la perception olfactive ne fait que s’affirmer par la suite. Nous parfumons de façon caractéristique la couche d’air qui nous entoure et le fait de sentir l’atmosphère de quelqu’un est la perception la plus intime que nous puissions avoir d’autrui. Il pénètre pour ainsi dire en nous sous une forme aérienne. Il y a une phrase du philosophe Jean-Paul Sartre qui traduit particulièrement bien ce contact direct et fusionnel que crée le parfum de l’autre lorsqu’il pénètre en nous : « l’odeur d’un corps, c’est ce corps lui-même que nous aspirons par la bouche et le nez, que nous possédons d’un seul coup, comme sa substance la plus secrète. L’odeur en moi, c’est la fusion du corps de l’autre à mon corps ».